Politique

L'ASMAV soutient l'initiative populaire "Pour un congé paternité raisonnable - en faveur de toute la famille"

L’initiative en bref

Malgré le fait qu’un congé paternité payé soit demandé depuis plusieurs années par différentes organisations de travailleur-e-s, il n’y a pas de réglementation légale en Suisse pour un congé paternité. A ce jour, la paternité a la même valeur en temps qu’un déménagement, avec le droit à un seul jour de congé, pour lequel le paiement du salaire n’est même pas garanti pour tous (Code des obligations, article 329, a3). Pourtant, la population souhaiterait un congé paternité payé : en 2015, sur mandat de Travail.Suisse, un sondage représentatif de l’institut Link a donné un résultat très clair: 81% des sondés ont recommandé un congé paternité payé.

En mars 2016 quatre organisations faîtières des travailleur-e-s (Travail.Suisse), des hommes (männer.ch), des femmes (Alliance F) et des familles (Pro Familia Schweiz) se sont réunies pour former l’association « Le congé paternité maintenant ! ». D’autres s’y sont jointes et finalement, il s’agit de 140 organisations qui soutiennent un congé paternité payé. L’initiative, lancée le 17 mai 2016, demande un congé paternité d’une durée de 20 jours, à prendre de manière flexible (également des jours isolés) et ce, durant un an. Le congé maternité ne serait pas changé et le congé paternité serait financé par les allocations perte de gain (APG), avec un taux de compensation salariale de 80%. Le financement serait paritaire et solidaire, avec la moitié prise en charge par les travailleurs/-euses et l’autre moitié par les employeurs.


Pourquoi soutenir un congé paternité payé ?

Le médecin qui ne vit que pour son travail, et qui n’a pas de vie privée et de plus en plus rare. Actuellement, les médecins-assitant-e-s et chef-fe-s de clinique souhaitent pouvoir concilier  vie professionnelle et vie de famille. Trop souvent, cette dernière est mise au second plan, notamment lors de la naissance d’un enfant.

La période qui entoure la naissance d’un enfant n’est pas de l’unique ressort de la mère. En effet, les jeunes pères souhaitent également être présents et s’investir dans leur famille, pour eux-même, pour leur compagne et pour le bien de leurs enfants, qui ont besoin de leurs deux parents, et ce dès leur naissance. Les pères, s’ils en ont l’occasion, doivent actuellement prendre sur leurs jours de vacances s’ils veulent être disponibles pour leur famille à cette occasion.

Le congé paternité payé permettrait également aux jeunes mères de ne pas être laissées à elles-mêmes tout de suite après la naissance, avec les soins à apporter au nouveau-né et parfois également aux frères et sœurs de celui-ci. Par le passé, les femmes étaient entourées par leur mère, mais le taux d’activité des femmes augmentant sans cesse, les grands-mères sont encore actives professionnellement, ou habitent un lieu éloigné, et ne sont plus forcément disponibles. Les jeunes mères sont donc seules pour faire face à la période sensible qu’est l’après-naissance. Le congé paternité permettrait aux pères de soutenir leur compagne et donc de faire de la fondation d’une famille un projet commun.

De plus, le fait que les femmes soient absentes du travail après la naissance de leur enfant prétérite encore trop souvent leur perspective professionnelle, encourant le risque de ne pas avoir une carrière professionnelle satisfaisante. Le congé paternité rendrait normal que les pères ne soient pas continuellement à leur place de travail, donc à répartir le « risque professionnel et de carrière » dans ce contexte et à permettre aux femmes un meilleur retour au travail. Ceci serait économiquement profitable dans le contexte d’un manque de personnel chronique, et d’autant plus dans le domaine médical qui se féminise de plus en plus.

De manière globale, les femmes et les hommes en Suisse ont moins d’enfants qu’ils ne le souhaiteraient. Une des raisons est la difficulté à concilier famille et activité professionnelle. Dans le domaine médical, la difficulté de fonder une famille tout en poursuivant une carrière exigeante est importante, et les femmes médecin ont des enfants de plus en plus tard, voire n’en ont pas. Ceci a des conséquences en matière démographique, avec un taux de natalité qui reste bas, et donc à terme des difficultés à remplacer sur le marché du travail et à financer la retraite. En tant que médecins-assitant-e-s ou chef-fe-s de cliniques, nous sommes directement concernés, car il y a déjà pénurie de médecins !

Pour toutes ces raisons, l’ASMAV et l’ASMAC estiment que le congé paternité concerne tout le monde, femmes et hommes, et que les bénéfices à en tirer sont multiples, tant pour le bien des personnes elles-mêmes que pour la collectivité.

Vous trouverez les détails sur cette initiative : http://www.conge-paternite.ch