Actualité & Politique

Aide à la planification des horaires: une prestation de l'ASMAC

 

 

 

La planification d’horaires est l’une des bases pour des conditions de travail conformes à la loi. Trop souvent, les plannings se font par des médecins assistant.e.s ou des chef.fe.s de clinique qui n’ont pas suffisamment de temps, ni suffisamment de connaissances (notamment légales) nécessaires pour accomplir cette tâche complexe mais essentielle au bon fonctionnement d’un service.

Un groupe de travail, dirigé par Philipp Rahm, président de la section ASMAC Argovie, travaille depuis un certain temps sur le sujet de la planification d’horaires dans les hôpitaux. Le groupe de travail a examiné différentes approches de soutien à nos membres où aux services pour cette tâche importante.

Forum  de discussion :
Un forum destiné à poser des questions et à échanger concernant la planification a été mis sur pied. Les membres du groupe de travail de l’ASMAC et, le cas échéant, les juristes des sections participent activement aux discussions du forum. Leur rôle n’est pas de communiquer l’avis officiel de l’ASMAC, mais d’y participer en tant qu’experts en donnant des conseils pratiques, par exemple par rapport à la récupération, les piquets etc. Le forum est ouvert à tout le monde, mais surtout destiné à répondre aux questions de la personne chargée de faire les plannings. Les questions sont posées de manière anonyme.

http://forum.vsao.ch/

Conseillier.ère.s en planification :
Le deuxième pilier d’aide à la planification de l’ASMAC consiste en une équipe de conseillers et conseillères auxquels vous pouvez faire appel pour analyser une situation concrète. L’objectif est de répondre aux questions suivantes:

•    Que faudrait-il changer pour que les horaires de travail soient optimaux et conformes à la loi sur le travail et à la convention collective (parfois la conclusion est que, avec le nombre de postes de médecins assistant-e-s à disposition, il n'est pas possible de maintenir les prestations du service dans les limites de la loi) ?
•    Comment le planning peut-il être amélioré dans les circonstances actuelles (c'est-à-dire sans augmenter les postes ou en attendant qu’on puisse augmenter les postes ou faire d'autres changements dans l'organisation du service)?

Dans le cadre d’un projet pilote, plusieurs analyses sont en cours dans divers cantons suisses alémaniques. Un projet d’élargissement pour la Suisse romande est en train d’être mis sur pied.

Evidemment, les analyses ne permettent pas de résoudre tous les problèmes de manière miraculeuse, mais les premiers résultats sont encourageants. Les problèmes sont abordés ouvertement et des propositions constructives et concrètes peuvent être faites. Si vous souhaitez faire appel à ce service de l’ASMAC, n’hésitez pas à nous contacter.

Mise à jour sur la clause du besoin

Au mois de juin 2013, le Parlement fédéral avait décidé la réintroduction de la clause du besoin, laquelle limitait et, dans certaines circonstances, empêchait l’ouverture de nouveaux cabinets médicaux. Les cantons étaient libres de faire usage ou non de cette clause, le canton de Vaud ayant pour sa part décidé de l'appliquer.

Etaient toutefois soustraites à l’application de la clause du besoin les personnes suivantes :

-    les médecins ayant déjà pratiqué avant le 1er juillet 2013 dans leur propre cabinet à la charge de l’assurance obligatoire des soins, à savoir qui avaient traité des patients en leur propre nom et sous leur propre responsabilité ;

-    les médecins ayant entrepris toutes les démarches nécessaires pour ouvrir un cabinet et qui avaient déposé une demande complète de numéro RCC avant le 1er juillet 2013 mais qui n’avaient pas encore commencé leur activité à cette date en raison du retard dans l’octroi des numéros RCC ;

-    les médecins ayant travaillé au moins trois ans dans un établissement de formation post-graduée suisse reconnu.

Cette clause du besoin a été déclarée applicable jusqu’à la fin du mois de juin 2016.

Un projet proposé par le Conseiller fédéral Alain Berset, censé entrer en vigueur en juillet 2016 pour une durée indéterminée, a été soumis au Parlement fédéral en décembre 2015. En substance, il était prévu le maintien de la limitation de l’ouverture de nouveaux cabinets médicaux, mais avec une plus grande marge de manœuvre laissée aux cantons. Par ailleurs, contrairement au texte actuel, les médecins ayant travaillé au moins trois ans dans un établissement de formation en Suisse n’étaient plus soustraits à l’application de la clause du besoin.

Toutefois, à la surprise générale, lors d’un vote qui a eu lieu le 18 décembre 2015, et à une voix près, le Conseil national a enterré le projet du Conseiller Fédéral Berset et donc écarté la possibilité pour les cantons de réguler l’ouverture des cabinets en fonction des besoins. Dès l’été 2016, et jusqu’à nouvel avis, l’ouverture de nouveaux cabinets médicaux ne sera dès lors plus limitée.

Alors que l’ASMAC avait finalement adhéré à l’idée d’une clause du besoin limitée comme celle en vigueur aujourd’hui, cette décision du Parlement risque, selon certains, de mettre en péril le fonctionnement du système de santé et faire exploser les coûts. Un point de situation sera donné prochainement, notamment en fonction des décisions politiques qui pourraient être prises d'ici juillet 2016.

Plate-forme hospitalière de l'ASMAC

L’ASMAC (Association suisse des médecins assistant.e.s et chef.fe.s de clinique) exploite depuis un peu plus d’une année une plate-forme hospitalière. Elle nous propose un aperçu de tous les hôpitaux suisses disposant d’au moins un établissement de formation postgraduée reconnu par l’ISFM. Actuellement, la plate-forme compte environ 270 hôpitaux.

Quel est la différence par rapport au registre de l’ISFM? Comme vous le savez sans doute, l’Institut Suisse pour la Formation Médicale post-graduée et continue ISFM, organe autonome de la FMH, se charge de nous garantir une formation post-graduée de qualité élevée. Une des activités de l’ISFM est d’exploiter un registre des établissements de formation post-graduée certifiés. Dans ce registre on peut trouver notamment les résultats de l’enquête sur la qualité de la formation post-graduée : le questionnaire que nous remplissons une fois par an quant à notre satisfaction globale, le fonctionnement de la formation post-graduée dans notre service et les points à améliorer. Cette enquête, selon l’ISFM «contribue dans une large mesure à garantir la qualité de la formation post-graduée».


Pourquoi une autre plateforme d’évaluation? L’enquête annuelle de l’ISFM se concentre largement sur la formation post-graduée qui n'est, comme nous le savons, pas le seul point qui nous intéresse quand nous sommes à la recherche d’un poste. L’idée de l’ASMAC était alors de créer une plateforme indépendante, avec des évaluations anonymes qui se focalisent aussi sur d’autres aspects centraux de nos postes de médecin en formation: Horaires, ambiance générale, compatibilité avec la famille etc.

Quel est le fonctionnement de la plate-forme? La fonction de recherche permet d’effectuer une recherche selon l’hôpital ou la discipline. Sur la page de détail de chaque hôpital on trouve les différents services qui sont affilés à l’hôpital. En plus des évaluations faites par vos collègues, vous pourrez lire différentes informations générales par rapport au salaire, les conditions légales / la CCT qui concerne votre poste potentiel. On peut également directement accéder sur le site correspondant du registre ISFM.

L’évaluation d’un service ne peut être faite que par les membres de l’ASMAC. Elle est faite de manière anonyme. Si vous saisissez un commentaire, le responsable de la formation du service concerné (en général le Chef de Service) va en être informé et a la possibilité de se positionner.



Partagez vos expériences avec vos collègues! Plus il y a du monde qui participe, plus des informations y figurant sont valables et utiles et plus ça a du poids.

Les liens :

Plate-forme ASMAC : http://spitalplattform.vsao.ch/fr-fr/suchespitalvsao.aspx
Registre de l’ISFM : http://www.siwf-register.ch/

PS.
Si vous avez peu de temps et devez prioriser, remplissez en tout cas l’enquête annuelle de l’ISFM. Il ne faut pas oublier que c’est un outil puissant: si nous évaluons notre site de formation comme étant insuffisant, l’ISFM organise par la suite une visite (un audit) où le service sera examiné de près.

Être médecin - entre rêve et réalité

Médecin... Avant de commencer les études, on imagine le praticien en blouse blanche, ouverte au vent, qui va sauver des vies. Le public voit plutôt le médecin comme quelqu’un qui vous fait attendre, qui n’est jamais à l’heure et qui, en plus, coûte très cher. Bien sûr, on a trente minutes de retard parce qu’on a papoté autour de la machine à café ! Mais la vraie vie, c’est autre chose…


Vous connaissez tous la petite phrase : « C’est juste pour… une ordonnance… ou une signature… ou un patient qui appelle juste pour… » et finalement vous passez une demi-heure à régler le problème, voire plus. Entre-temps, votre téléphone aura sonné trois fois. Donc difficile de retrouver le fil de ce que l’on était en train de faire. Impossible de tenir un horaire ! Côté efficacité du travail, on trouve mieux… ! Voilà une raison d’avoir du retard…
Une situation en particulier : le bip de garde. Un supplice chinois ! Dès que vous le reprenez le matin (ou le soir), ça sonne. Et ça ne va plus s’arrêter jusqu’au moment où vous allez passer le flambeau au collègue qui vient vous relayer. A tel point que vous n’osez même plus aller aux toilettes sans que cet engin de malheur ne sonne. Comment faites-vous quand on vous appelle pour demander un avis, que vous devez aller voir le patient, étudier son dossier, trouver votre superviseur pour en discuter avec lui et conclure la consultation, tout en vous faisant interrompre au moins dix fois, pour des prétextes urgents bien entendu : « je vous appelle parce que le patient a une thrombopénie à 50 G/l…. depuis 2 semaines… » Mais c’est vendredi, 17h, et il faut la solution tout de suite. C’est vrai qu’il y a quand même des appels justifiés, mais on a été tellement sollicité que ce n’est plus un plaisir d’avoir un « joli cas », mais une irritation supplémentaire. Et là, on se souvient du terme « conditions de travail », des pauses réglementaires qu’on n’a jamais pu prendre. Lorsqu’on trouve le temps de manger un sandwich sur le pouce et d’avaler un verre d’eau, on est content.


Et on ne parle même pas des cours de formation continue. Rares sont les fois où on peut suivre le propos de l’orateur du début à la fin. Bien entendu, le téléphone va vous interrompe au moins une fois. Difficile de suivre le propos et parfois même de le comprendre.


Alors, quand le bip se calme (si, si, ça existe !), on apprécie d’autant mieux de pouvoir faire son travail d’un bout à l’autre, en le faisant correctement. On apprécie les moments passés avec les collègues à midi et le contact avec les patients. On apprécie d’être un être humain normal, et non pas une machine à répondre au téléphone.