Actualité & Politique

Remise de la pétition pour des horaires conformes à la loi

 

 

L'Association suisse des médecins assistants et chefs de clinique remet mercredi à Berne une pétition demandant le respect de la loi sur le travail dans les hôpitaux suisses.

Journal du matin - 2 septembre 2015

Forum - 2 septembre 2015 - débat entre Daniel Hayoz (médecin-chef, hôpital cantonal de Fribourg) et Anja Zyska Cherix (présidente ASMAV)

Ancien membre de l'ASMAV: portrait

S’engager à l’ASMAV : dans quel intérêt ? Comment trouver le temps ?  Faut-il s’y connaître ? Quel risque pour ma carrière ?  …
Toutes ces questions habituelles et légitimes apparaissent lorsque l’on réfléchit à la possibilité de s’investir dans l’ASMAV. Nous vous proposons des pistes de réponses à travers des interviews d’anciens membres actifs de l’ASMAV.

 

 Portrait Patrick Wilson

Aujourd’hui, retour sur le parcours de Patrick Wilson, ancien Président de l’ASMAV de 2005 à 2010.

Jurassien d’origine, il a terminé ses études de médecine à Genève en 2001. Après avoir travaillé 2 ans et demi dans les Hôpitaux du Jura, il rejoint le CHUV en 2004. Il y fait un FMH en médecine interne et un FMH en néphrologie. Après un séjour en France durant une année et un bref retour au CHUV, il repart pour le Jura. En 2013, il est nommé médecin-chef de l’Unité de néphrologie et dialyse au sein du Service de médecine de l’Hôpital du Jura.

 

 

Quand t’es-tu engagé dans le comité de l’ASMAV ?

En fait, avant d’arriver à l’ASMAV, de 2001 à 2004, j’ai été membre du comité, puis Président de l’ASMAJ, la section jurassienne de l’ASMAC. Nous y avions fait une grève en décembre 2001 avec la demande de négocier les contrats des médecins assistant.e.s (MA) et chef.fe.s de clinique (CDC). Cela nous a permis d’y introduire les conditions cadre de la Loi sur le Travail (LTr), dont les 50 heures. C’était bien avant la LTr… et avant la Convention vaudoise!

Je quitte ensuite le Jura pour le CHUV en 2004. Et après quelques mois, le comité de l’ASMAV me propose de les rejoindre. A ce moment-là, les postes de président et de vice-président étaient vacants et plusieurs membres du comité sur le départ. L’association était virtuellement morte à l’époque: après la grève des crayons de 2003 (les médecins avaient arrêté de facturer leurs prestations pour inciter le Conseil d’Etat à revoir leurs conditions de travail), puis la signature de la Convention Collective de Travail en 2003, le comité était épuisé et ses membres avaient le sentiment légitime d’avoir fait leur part du boulot… C’est donc un peu sous la pression car personne ne voulait de ce poste, avouons-le, que je reprends la Présidence de l’ASMAV en novembre 2005…

 

Pourquoi t’es-tu engagé dans le comité de l’ASMAV ?

Après quelques mois de flottement à peine en 2004-2005, l’ASMAV avait presque cessé d’exister aux yeux de nos interlocuteurs traditionnels, dont les employeurs. Je trouvais dommage de laisser disparaître une association si importante pour les MA et CDC. En effet, je pense que l’on peut faire bien mieux et au bénéfice de tout le monde, en terme d’organisation de travail, de formation, et en fin de compte de qualité pour les patients.

 

Quelles sont les actions de l’ASMAV qui t’ont le plus marqué lors de ton implication dans le comité ?

L’édition des trois brochures de l’ASMAV entre 2006 et 2008 (en raison du travail que ça m’a demandé et par l’effet qu’elles ont eu), la renégociation de la CCT en 2007-2008 et les révisions du deuxième pilier en 2006-2007 ont été des actions marquantes. Mais finalement, c’est surtout la myriade de petites interventions tantôt pour des cas particuliers ou tantôt généraux qui m’ont le plus marqué. Ces nombreuses actions « invisibles », sont, à mon avis, aussi importantes que les « grandes ».

Pour remettre tout cela dans le contexte d’une association en pleine crise en 2005: dès mon arrivée à la Présidence, il a fallu reprendre un nombre important de dossiers en déshérence et dépenser beaucoup d’énergie pour réoccuper le « terrain». La CCT existait, mais il fallait maintenant l’appliquer. Et en plus, il y avait la LTr entrée en vigueur le 1.1.2005… Il fallait donc en parallèle expliquer tout cela aux membres de l’association et aux employeurs.

Sur le fond, j’ai surtout voulu nouer des liens entre partenaires, créer une structure associative le plus durable possible, et aussi promouvoir l’information en interne et en externe. Après quelques efforts, une équipe s’est construite pour devenir un véritable comité, et des structures ont pu être mises en place lentement: constitution de commissions internes, d’un secrétariat professionnel,… Cela a permis la création de bulletins d’information, un site internet remis à jour et complété, la publication de diverses brochures (ABC légal, brochure d’installation au cabinet, guide pratique pour les parents) et de calendriers, l’organisation ou participation à diverses manifestations comme « Ton toubib se bouge » aux 20km de Lausanne, la participation à plusieurs campagnes politiques fédérales et cantonales sur des thèmes liés à la santé, un rapprochement avec la Société Vaudoise de Médecine (SVM) et l’AMOV (ancien MF-Vaud), ou encore un engagement dans le projet de « Cursus Romand de Médecine de Premier Recours »,…

En parallèle, je me suis personnellement engagé à l’ASMAC-Suisse en intégrant son comité directeur, ce qui représentait pas mal de réunions à Berne, mais permettait d’élargir nos horizons, faire entendre notre voie romande à Berne, et profiter (et faire profiter!) des expériences de chacun.

 

Qu’as-tu appris de ton implication dans l’ASMAV ?

Beaucoup de choses :

Pour faire autant d’heures à l’ASMAV en plus du boulot, j’ai dû apprendre à gagner en efficacité !

J’ai aussi appris que l’on peut nouer de bonnes relations avec des partenaires d’allure opposée quand on prend le temps de se connaître et de se respecter. Les employeurs ont parfois des soucis différents de ceux des employés, mais dans la plupart des cas, je n’ai pas vu d’opposition viscérale au changement. Il existe souvent une tendance à retarder la mise en évidence de problèmes ou l’application de solutions. S’il s’agit parfois de mauvaise foi évidemment, c’est le plus souvent pour s’éviter du travail ou des dépenses.

J’ai aussi appris que la négociation et la signature d’un accord est une chose bien plus simple que son application. Cette seconde phase est moins spectaculaire, mais c’est bien elle qui prend le plus de temps et d’énergie… d’ailleurs, le travail n’est pas terminé !

Sur un autre registre, je retire aussi beaucoup de plaisir des liens d’amitié que j’ai pu créer avec des collègues au sein du comité ou de l’association.

 

Est-ce que ton implication dans l’ASMAV a modifié tes projets de carrière ?

Non, je ne pense pas. Cependant, en voyant comme les choses fonctionnent, et ce que l’on peut encore améliorer, j’ai peut-être été influencé dans la poursuite d’une carrière hospitalière. Cela dit, si je n’avais pas eu l’opportunité et la chance que j’ai eue, je me serais installé sans regret.

 

Avec les horaires de médecin assistant (et une famille), comment trouver du temps pour participer à des activités extra professionnelles?

Il faut avant tout être convaincu… ensuite, la nécessité est la mère de toutes les solutions.

 

Pourquoi est-ce important de s’engager dans l’ASMAV selon toi ?

·      Faire entendre sa voix, personnelle et collective 

·      Participer à l’effort collectif d’amélioration continue (il y aura toujours des choses à faire)

·      Elargir son horizon et ses points de vue en se confrontant à d’autres en interne comme en externe

 

Si tu devais recommencer, referais-tu partie du comité de l’ASMAV?

Oui. Mais, bien sûr, il y aurait sans doute certaines choses que je ferais différemment, sur la forme surtout, et parfois aussi sur le fond.

Logbook électronique, mini-CEX, DOPS: quésako?

Le mini-Clinical Evaluation Exercice (Mini-CEX) et la Direct Observation of Procedural Skills (DOPS) sont deux instruments internationalement reconnus pour l’évaluation en milieu de travail (EMiT) et utilisés pour encourager les médecins-assistants de manière ciblée[1]. Ils permettent, grâce à des grilles d’évaluation structurées, d’apprécier les compétences médicales des médecins assistant.e.s.

Le mini-CEX est basé sur l’interaction avec le patient ou ses proches alors que la DOPS évalue les gestes techniques. L’objectif de ces évaluations, si possible effectuées régulièrement, est de documenter les progrès effectués ou les objectifs de formation du médecin assistant.e, il ne s’agit pas d’un examen.

Chaque société de discipline défini quels thèmes doivent être évalués dans ces questionnaires ainsi que le nombre de mini-CEX et de DOPS nécessaires, cependant, l’ISFM a instauré un minimum obligatoire de 4 EMiT (mini-CEX ou DOPS) par année calendaire et par médecin assistant.e.

Les informations concrètes sur le déroulement de l’évaluation sont disponibles sur le site de la FMH.

Le logbook électronique est une banque de données en ligne qui permet de documenter la formation postgraduée des médecins assistants[2]. Ce document contient les prestations fournies durant la formation, les progrès réalisés (interventions, examens, compétences), les certificats ISFM/FMH ainsi que les autres activités effectuées durant la formation (cours, publications, examens …). Les mini-CEX et mini-DOPS ne sont pas directement inscrits dans le logbook mais le lieu et la date de ces évaluations y sont mentionnés. L’objectif est qu’à la fin de la formation, le logbook puisse être une base pour l’octroi du titre de formation postgraduée.

L’obligation de remplir un logbook est déterminée par la spécialité choisie par le médecin assistant.e et par la date à laquelle il/elle terminera sa formation. Pour les médecins assistant.e.s qui termineront leur formation après le 30 juin 2015, la demande de titre de formation postgraduée pourra se faire uniquement par l’intermédiaire du logbook électronique.  Cela signifie que toute la formation devra être documentée au moyen du logbook électronique.

Certains titres de formation postgraduée sont soumis à des dérogations particulières :

  • Médecine interne générale : 31.12.2015
  • Anesthésiologie : 31.12.2017
  • Hématologie : 31.12.2015
  • Pédiatrie : 31.12.2016
  • Chirurgie orthopédique et traumatologie : 31.12.2017
  • Oto-rhino-laryngologie : 31.12.2017
  • Rhumatologie : 31.12.2015

Concrètement, pour remplir un logbook électronique, le médecin assistant.e doit disposer d’un compte sur le site myfmh.ch. Tout médecin peut obtenir un code qu’il soit membre ou non de la FMH.

Toutes les informations concernant le logbook sont sur le site de la FMH.

Il est donc important à partir de 2015 de remplir :

  • 4 mini-CEX ou DOPS par année et par médecin assistant.e
  • de remplir le logbook électronique dès juillet 2015


[1] http://www.fmh.ch/files/pdf16/aba_infoblatt_f.pdf

[2] http://www.fmh.ch/files/pdf15/20141111_e-Logbuch-Merkblatt-Assistenten-F_def.pdf

Temps partiels, osons les demander!

 

Selon le sondage effectué auprès des membres de l’ASMAV en 2012, près de la moitié d’entre nous souhaite travailler à temps partiel. Plus de la moitié des femmes sondées  (52%) souhaiteraient diminuer leur taux d’activité, mais également 42% des hommes ! Cependant, 2/3 des femmes et 3/4 des hommes avec ce souhait n’ont jamais postulé à un poste à temps partiel. Les raisons à cela sont d’une part liées à la formation (rallonge le temps de formation) et aux aspects financiers, mais d’autre part liées à la peur d’être considéré comme moins engagés, moins intéressés, moins résistants, entraînant des conséquences négatives sur leur future carrière. Est-ce une crainte justifiée…?

Il semble absurde de penser que près de la moitié des MA sont moins intéressés par leur travail que la génération précédente. Cependant, nous observons un changement des mentalités des médecins, en parallèle à la société. De plus en plus de médecins souhaitent pouvoir concilier vie de famille et travail, qu’ils soient maman ou papa. L’accès aux postes à temps partiels reste néanmoins encore difficile, voir impossible dans certains hôpitaux ou certaines spécialités.

La question du temps partiel est, depuis plusieurs années déjà, un thème de prédilection à l’ASMAV. Dans ce sens, notre site internet dispose d’une plateforme de jobsharing afin de favoriser la création de postes à temps partiels en offrant un espace de rencontre aux personnes souhaitant postuler conjointement à un poste de travail. De plus, le temps partiel est un thème que nous abordons régulièrement lors des rencontres avec le chef du département de la santé, Monsieur Pierre-Yves Maillard et avec les différents hôpitaux du canton de Vaud.

Dans ce cadre, une discussion autour de ce thème a été engagée avec la direction du CHUV. Actuellement, 88% des médecins assistant.e.s et 68% des chef.fe.s de clinique ont un taux d’occupation professionnelle de 100% au CHUV. Cependant, la direction du CHUV souhaite promouvoir activement la mise en place de postes à temps partiels. Pour ce faire, différentes actions ont été mises en place ou imaginées conjointement avec l’ASMAV.

Premièrement, une indemnité est versée à chaque service qui prévoit un nouveau poste de jobsharing (2x 50% ou 2x 60%) afin de promouvoir cette pratique dans les différents services du CHUV. Deuxièmement, la direction du CHUV propose une campagne de promotion. Dans ce sens, le CHUV se chargera de relayer cette promotion au sein de ses services autant chez les médecins assistant.e.s que chez les médecins cadres, soutenu par  l’ASMAV qui continuera à diffuser l’information auprès de ses membres. De plus, certains médecins chefs rencontrés dans le cadre de ces discussions se sont engagés à proposer des temps partiels (principalement des postes à 50% ou 80%) dans leurs différents départements du CHUV sans stigmatiser les médecins assistant.e.s ou chef.fe.s de clinique qui y postuleraient.

Nous souhaitons donc par ce biais inciter les MA et CDC qui le souhaitent à demander des postes à temps partiels. Si vous rencontrer des difficultés lors d’une demande directe au médecin chef, celle-ci peut également être adressée à la direction médicale par l’intermédiaire de la Dre Nathalie Koch, adjointe à la direction médicale (Koch.Nathalie[AT]chuv.ch).

En cas de difficulté ou de résistance, l’ASMAV prendra également volontiers le rôle d’intermédiaire. Nous vous invitons, par ailleurs, à nous donner un retour sur vos expériences (par simple mail ou par téléphone). En effet, nous avons besoin de connaître vos éventuelles difficultés afin de pouvoir vous soutenir au mieux auprès des directions d’hôpitaux.

Nous souhaitons, grâce à ces engagements de parts et d’autres, que le temps partiel se démocratise dans les hôpitaux comme il le fait dans le reste de notre société.