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Actualité

Congé paternité : 2 mois pour ma famille

Depuis le 1er janvier les pères actifs peuvent prétendre à un congé paternité payé de deux semaines dans les six mois qui suivent la naissance de leur enfant. Un droit acquis difficilement, qui pourtant fait du sens pour les nouveaux papas (ou en devenir), une nécessité et une évidence que certains n'ont pas hésité à revendiquer avant même que la loi ait accordée cette pause frugale de 10 jours ouvrables. Témoignage d'un jeune papa médecin heureux qui le temps d'un congé non-payé de 2 mois , a mis sa carrière entre parenthèses pour écrire à trois les premières lignes de leur histoire de famille.

 Qui êtes-vous, en quelques mots ?

Lors de la naissance de mon premier enfant, j'étais chef de clinique dans un hôpital universitaire en Suisse. Ma femme est également médecin, et nous avons un enfant né en 2019. Je suis un amoureux de la montagne et de la musique, passions qui me ressourcent dans un rythme de vie bien soutenu!

Comment s’est prise votre décision de demander un congé non payé après la naissance de votre enfant ?

J'avais envie de soutenir ma femme dans l'accueil de notre enfant. De créer des liens forts au début de notre famille en partageant les tâches quotidiennes. Avant même que notre enfant soit là, il était bien évident pour moi qu'une semaine de congé (à l'époque, la votation pour le congé paternité n'avait pas eu lieu) ne serait pas suffisante.

Cette motivation est étroitement liée à mon vécu avec mon père médecin qui a tellement travaillé qu'il n'était seulement là pour moi qu'exceptionnellement, par exemple lors des vacances ou à Noël. Une expérience très amère, que je ne voulais pas répéter.

Quel a été l’accueil de votre service (hiérarchie, collègues) face à cette demande ?

L'écho a été très encourageant de la part de mes collègues hommes et femmes, même s'il paraît que j'étais le premier CDC à demander un congé non-payé pour cette raison. D'un point de vue organisationnel, j'ai demandé très en avance ce congé (à 3 mois de grossesse) et suis resté flexible quant à sa durée et au moment où je pourrais m'absenter du service. Ainsi, ce congé paternité a débuté 1.5 mois après la naissance de l'enfant.

Comment se sont passés ces deux mois ?

Trop vite ! J'ai vraiment l'impression d'avoir pu commencer mon rôle de père dans des bonnes conditions. Les liens entre mon épouse et moi se sont renforcés. Un fil conducteur s'est installé entre mon enfant et moi qui est toujours là. Ma présence nous a certainement évité du stress à la maison, et j'ai vraiment pu être à l'aise avec tout ce qu'il faut faire pendant 24h pour un petit. Et réaliser l'intensité du travail des mères. Pour moi un des meilleurs investissements que j'ai effectués, qui valait largement deux mois sans salaire.

 Et le retour au travail ?

C'était un peu dur de quitter la famille et d'être moins présent. Mais le temps de mon congé non-payé nous a permis de trouver un bon rythme et d'être super bien préparés pour la reprise du travail. Tout a été optimisé à la maison, on a pris divers avis pour devenir des pro de l'alimentation, le comportement et le sommeil du nouveau-né, même s’ il y a continuellement de nouveaux challenges et que le petit a toujours de quoi nous surprendre!

Pensez-vous que cela a eu un impact sur votre carrière ?

Je pense que c'est une charge supplémentaire pour un service car ils doivent combler une absence dans un délai relativement court, et pour une durée brève. Ce d'autant que la CCT de l’établissement les oblige à accepter un congé parental non payé d’une durée maximale d’un an. Le service dans lequel j'étais le permettait peut-être plus que d'autres unités. Toutefois, on ne peut nier qu'habituellement, ces congés sont donnés pour des projets professionnels. Donc pour répondre à la question : oui en tout cas au niveau universitaire, je pense que cela a pu être perçu comme un manque d'investissement pour ma carrière. 

Et si c’était à refaire ?

Je le referais!

Témoignage d’un papa médecin, officiant dans le canton du Valais